Les chroniques

Le prix Brantôme

6 novembre 2016 | Les chroniques | Commentaires fermés

de g.à d. Josette Lespinasse, présidente des Amis de Brantôme, J.G, Anne Marie Cocula, présidente du jury, la représentante des éditions Fayard, Michel del Castillo étant empêché

de g.à d. Josette Lespinasse, présidente des Amis de Brantôme, J.G, Anne Marie Cocula, présidente du jury, la représentante des éditions Fayard, Michel del Castillo étant empêché

Le prix Brantôme, que les habitués de ce site connaissent bien, vient de fêter son dixième anniversaire. Cette année, au menu, les biographies d’ Ernest Renan, Charles X, Robespierre et Goya. C’est le peintre espagnol qui l’a emporté d’une courte tête devant Ernest Renan. Il faut dire que Michel del Castillo, auteur de cet ouvrage a su parfaitement replacer Francisco Goya dans l’ Espagne troublée de la fin du XVIII et du début du XIX siècle, dans le style impeccable qu’on lui connait. Ame tourmentée entre un désir de réussite mondaine et le désir d’exprimer de façon terrible ses fantasmes et la réalité sociale effroyable de l’époque, le peintre a connu une existence déchirée dans cette Espagne martyrisée par Napoléon, Espagne qui essaya vainement de s’inspirer des idées révolutionnaires avant de retomber sous la tyrannie de Philippe VII . Goya finira par fuir son pays pour trouver refuge à Bordeaux où il finira ses jours.

Petite nouveauté, madame la Présidente, Anne Marie Cocula a pour la première fois confié à un membre du jury, devinez lequel, la tâche de faire la présentation de l’ouvrage lors de la remis du prix. Sans doute avait-elle été intriguée par la passion que j’avais mise à défendre cette biographie.

Je me permets de joindre, pour ceux qui en auront le courage le texte que j’ai donc lu ce jour là.

 


Je crois que je dois tout d’abord remercier Madame la Présidente de m’avoir confié l’honneur du petit discours d’introduction à la remise du prix Brantôme à la biographie de Goya par Michel de Castillo. Je crois que lors des débats, elle a compris que je portais à ce peintre une affection particulière au grand dam d’ Ernest Renan qui saura j’en suis sûr prendre un jour sa revanche…Permettez moi d’introduire quelques éléments de ma propre biographie dans celle du grand artiste…Ma relation avec Goya remonte à mes plus lointains souvenirs : présence dans le salon familial d’un autoportrait du peintre, une copie, hélas, donnée à mes parents par un peintre juif caché pendant les année sombres de l’après-guerre, et ce visage rond, au regard sombre a veillé sur nous pendant longtemps, jusqu’à ce que un déménagement le prive de sa place d’honneur. Et aurais je la prétention de dire comme Cioran que je suis né dans la bibliothèque de mon père? Toujours est-il qu’un grand livre blanc à la couverture ornée d’une figure grimaçante et tordue et des quatre grandes lettres GOYA que je savais déjà déchiffrer a longtemps nourri ma curiosité et ma fascination : corps difformes, sourires édentés, yeux dilatés par la souffrance ou la peur… Ce n’est que bien plus tard, à l’occasion de voyages en Espagne et de visites du Prado que j’ai pu faire connaissance avec les autres manières du peintre: décors religieux superbes, mais souvent conventionnels, peintures populaires, cartons de tapisserie, portraits.Mais c’est en lisant la biographie de Goya par Michel de Castillo que j’ai compris à travers les épisodes d’une vie tourmentée par la recherche du succés et de l’argent, les amours contrariées, la maladie, la double personnalité du peintre. A côté du peintre d’église, de l’académicien, s’est réveillé l’autre Goya, celui qui savait visiter, peindre et graver les ténébres, que les sorcières, les monstres et l’enfer n’effrayaient pas, tellement proches de la réalité d’une Espagne terrifiante, si méschamment caricaturée dans les « Caprichos ». Il ne faut pas s’étonner que seul au XIX° siècle, Baudelaire ait reconnu en Goya un frère en noirceur qui aurait si bien pu illustrer « le revenant » ou « la métamorphose du vampire ». Ce sombre génie s’exprimera encore après les années de guerre où les gravures renverront dos à dos les atrocités commises par les français et les espagnols. Bien sûr, les aquitains ou nouveaux aquitains que nous sommes ne peuvent passer sous silence les dernières années de Goya dans ce Bordeaux, déjà ville espagnole, ou il trouvera refuge loin de sa famille, mais près des amis qui comme lui auront fui le régime autoritaire de Ferdinand VII. Ce seront encore gravures et lithographies, les taureaux de Bordeaux et quelques portraits, dont l’ultime « laitière ». Goya, mêlé durant sa vie à la fois aux grands d’Espagne et à la misère d’un peuple abandonné, aura mené et exprimé dans son oeuvre cette existence double si bien décrite par Michel de Castillo.

Et puis je me suis souvenu, que, il y a quelques années, dans une nouvelle écrite à la demande d’amis catalans, j’avais à ma façon rendu hommage au peintre en glissant un de mes personnages dans un de ses plus fameux tableaux, que vous reconnaîtrez sûrement. J’ai obtenu de Madame la Présidente l’autorisation de vous en livrer la version originale dans un occitan aux sonorités proches de celles du castillan, qui rassurez vous, sera suivie de sa traduction française…

 

Un ancien soldat périgourdin qui a fait la guerre d’Espagne sous Napoléon, rempile avec un camarade sous Louis XVIII pour tenter d’affermir le trône de Ferdinand qu’ils avaient contribué à renverser quelques années avant…

 

E veiqui perque, som quí tots dos, coma vint mile autres e set mile cavaliers, jos las mans dau mareschau Moncey. Quo es pus las aglas imperialas que nos flotejen dessus, las flors de leri, fau se’n contentar.  I a quauques jorns, una partida de l’armada, jos las mans dau generau Michenet a passat la montanha e s’es enfonçat en país enemic. Quo es a nautres de passar lo Pertuis. Los sergents z’an dich que a miegjorn l’armada anava far movement sus una vila que s’apela la Jonquiera. Io quante era en Espanha, quo era pas de queu costat que avem combatut. Marchas, contremarchas, Navara, Castilha, Burgòs, Valladòlid, lo freg, la comassa, Madrid. A ! Madrid… Nos lor portavam un rei tot nuòu, frair de l’Emperor, demai en part de lor babòia de Ferdinand e de son Gòdòy e veiqui que n’eran pas contents. Me sovene de queu començament de mai, ente la revòlta abrandet la vila e sen prenguet a los que eran per lo Rei Josep. Quo era sens comptar sus Murat e sa cavalariá que te’n fagueren una brava tuariá, e nautres los fantassins agueren nonmas chabar lo trabalh. Ne’n avem fusilhat pas mau, de quilhs gusards. Fau ben dire que quo era daus cranes goiats que avián pas paur de la mòrt. La nuech era tombada, dins los barris de Madrid. A nòstra drecha, l’ombra d’un cluchier e quauquas maisons, per terra  una bela lampa donava ‘na lum rossa pro podenta per esclairar quatre òmes, un monge   benesissiá los cadabres sanguinós de dos fusilhats de fresche,io, garde subretot l’eimatge d’un grand galhard daus piaus cresputs, de genuelhs, que semblava tirar sus se tota la lumiera, chamisa blancha e culòtas rossas, que, au moment que avem fait fuòc a levat los dos braç au ceu en credar quauquaren ente era question d’ Espanha. A nòstra drecha, un pitit grope que vesiam pas tròp unlava de rauja e de dolor e venguet se foitar sus los còrps nonmas tombats. Los laisserem purar lors mòrts. Aviam d’autre monde a fusilhar.  

 

Et voilà pourquoi, nous sommes là, tous deux, avec vingt mille autres et sept mille cavaliers, sous les ordres du maréchal Moncey. Ce ne sont plus les aigles impériales qui flottent au dessus de nous, les fleurs de lys, il faut s’en contenter… Il ya quelques jours, une partie de l’armée, sous les ordres du général Michenet, a passé la montagne et s’est enfoncée en pays ennemi. Maintenant c’est à nous de passer le Pertuis. C’est les sergents qui l’ont dit, qu’à midi, l’armée allait faire mouvement sur une ville qui s’appelle la Jonquière. Moi, quand j’étais en Espagne, ce n’était pas de ce côté que nous avons combattu. Marches, contremarches, Navarre, Castille, Burgos, Valladolid, le froid, la canicule, Madrid. Ah ! Madrid ! On leur apportait un roi tout neuf, frère de l’ Empereur, à la place de leur fantoche de Ferdinand e de son Godoy, e voilà qu’ils n’étaient pas contents. Je me souviens de ce commencement de mai, où la révolte embrasa la ville et s’en prit à ceux qui étaient pour le Roi Joseph. C’était sans compter sur Murat et sa cavalerie qui en firent un beau massacre, e nous les fantassins nous n’avons eu qu’à terminer le travail. Nous en avons fusillé pas mal de ces gueux. Il faut bien dire que c’était de rudes gaillards qui n’avaient pas peur de la mort. La nuit était tombée, dans les faubourgs de Madrid. A notre droite, l’ombre d’un clocher et quelques maisons, par terra una granda lampe donnait une lumière jaune assez puissante pour éclairer quatre hommes, un moine bénissait les cadavres sanglants de deux fusillés de frais, moi, je garde surtout l’image d’un grand gaillard aux cheveux crépus, à genoux, qui semblait attirer sur lui toute la lumière, chemise blanche et culottes jaunes, qui, au moment où nous avons fait feu a levé les deux bras au ciel en criant quelque chose où il était question d’ Espagne. A notre droite, un petit groupe que nous ne voyions pas trop, hurlait de rage et de douleur et est venu se jeter sur les corps qui venaient de tomber. On les a laissé pleurer leurs morts. On en avait d’autres à fusiller.

La transhumance n’est plus ce qu’elle était…

11 mars 2016 | Les chroniques | Commentaires fermés

laurine

laurine

Eh oui !, pas de longues cohortes de bêtes montant lentement aux alpages, suivis par les chiens et les bergers pour passer l’été dans les estives… Remettons les choses à leur place, nous ne sommes pas en montagne, c’est déjà l’automne, et c’est un camion qui a amené depuis la Gironde les bêtes sur leur lieu de pacage, c’est-à-dire le coteau des Chaupres, commune de Valeuil. Et ce sont 120 béliers qui se sont éparpilles avec un évident plaisir sur les quelques hectares de pelouse sèche qui constituent ce site protégé et entretenu par l’ association Espaces Naturels d’ Aquitaine. Et c’est dans le cadre d‘une action de revalorisation prévue depuis longtemps que ce troupeau est venu paître et piétiner ce terrain, lui rendant pendant dix jours sa vocation première, depuis longtemps abandonnée. Mais dix jours sont vite passés, et il a fallu repartir vers d’autres horizons, à savoir le proche coteau de Saint Victor qui fait l’objet de la même attention et des mêmes soins que les Chaupres. Ces braves bêtes, sous la surveillance de Laurine et de sa chienne, ont remis à neuf la pelouse, lui permettant de refaire fleurir à la saison prochaine les 123 espèces végétales dont 18 variétés d’orchidées, de rendre l’endroit favorable aux 75 variétés d’insectes, aux 72 espèces de papillons, aux 19 araignées, aux 7 espèces de mammifères, aux 23 sortes d’oiseaux… et aux cinq variétés de reptiles qui vont pouvoir vivre et se reproduire sur ce petit coin de terre béni des Dieux. Si vous avez l’âme botanique, entomologique, naturaliste, où si vous souhaitez simplement jouir d’un beau coup d’œil sur la vallée de la Dronne, voilà un lieu de promenade tout trouvé. Pas la peine de sonner avant d’entrer, la porte est toujours ouverte…

Pour se rendre aux Chaupres : à partir de Valeuil, remonter devant le cimetière jusqu’au D 106 (les Rades-Bourdeille) prendre juste en face le chemin herbeux, tourner tout de suite à droite le long de la haie. Il es conseillé de laisser sa voiture dans la clairière que l’on trouve à cent mètres, et de continuer à pied. On découvre le site rapidement sur main gauche.

Le troupeau

Le troupeau

Dans la famille Ganiayre, je voudrais Lucien…

5 janvier 2016 | Les chroniques | Commentaires fermés

Lucien, père de Jean et de Claude, grand père de Vincent, de Julien et de François. Né en 1910, décédé trop tôt en 1967, Lucien est l’auteur d’un unique roman, l’Orage et la Loutre, écrit en 1945, refusé à l’époque par les éditeurs, publié en 1973 aux éditions du Seuil. Ce roman un peu tombé dans l’oubli vient de connaître une seconde vie. Les jeunes éditeurs de l’Ogre sont tombés amoureux de ce texte fantastique dont le manuscrit était intitulé Aventures d’un Maître d’ Ecole Limousin. S’agit –il d’un cauchemar, d’un délire, on ne le saura pas… Jean des Bories, au retour de chasse dans un coin du Périgord (Villejalet ?) se plonge dans une fontaine qu’il ne connaît pas. L’orage qui éclate alors semble l’épargner, alors qu’il a plongé le monde dans un état de catalepsie où les êtres vivants sont figés dans la posture dans laquelle ils ont été surpris. L’horreur atteint son comble quand Jean s’aperçoit que les premières personnes qu’il essaye de réveiller meurent dans ses bras… Commence alors une quête étrange et un voyage halluciné vers Paris où vit peut être encore l’ami qu’il faut à tout prix retrouver et protéger. Longue marche dans un monde figé où seule l’eau bouge encore un peu. Comme Jean dans sa fontaine, une loutre a échappé à l’orage dans les eaux de la Dordogne. Le long processus d’apprivoisement finira mal, concrétisant pour Jean la solitude obligatoire et l’impossibilité d’une relation fut elle avec un animal… Et le voyage se poursuivra dans ce monde paralysé jusqu’à Paris où le son d’un violon envahissant le silence lui révélera une présence humaine…

Il est bien difficile pour le fils de l’auteur de rester objectif devant ce livre qui lui parle de son père, bien plus que celui-ci n’en a jamais dit…

Les deux éditions de l’ Orage et la loutre

21 mai 1941

25 juin 2015 | Les chroniques | Commentaires fermés

Gentil cadeau que m’a fait la Dordogne Libre ! C’est sur moi qu’est tombé leur Bon Anniversaire, sans doute en forme d’au revoir au conseiller général et peut être en hommage à la langue occitane actuellement un peu malmenée par la réforme des collèges. Quoi qu’il en soit, c’est bien le 21 mai qu’est paru ce petit article. C’est la deuxième fois que la D.L. me fait cet honneur. La dernière fois, une erreur de frappe m’avait rajeuni de dix ans. Cette fois, hélas, pas d’erreur… C’est bien en 1941 que j’ai vu le jour dans une clinique agenaise, a quelques pas de la statue de Jasmin qui devait veiller à ce que quelques courants d’air échappés de son souffle épique viennent contaminer un innocent nouveau né. Une idée saugrenue m’était venue il y a longtemps, d’adopter comme nom d’écriture Bruno d’ Agen… Ce n’était pas forcément de très bon goût, même si un instant j’ai failli recevoir ce prénom en baptême, juste avant que l’on s’aperçoive que c’était celui du fils de Mussolini. Et en 1941, on ne plaisantait pas avec ces choses là, chez les Ganiayre.

L'article de la DL

L'article de la DL

Vraiment c’est trop d’honneurs…

8 février 2015 | Les chroniques | Commentaires fermés

Pendant le discours de Jean Claude Dugros. A droite, Annie Delperrier, Présidente de l' Académie

Pendant le discours de Jean Claude Dugros. A droite, Annie Delperrier, Présidente de l' Académie

C’est en toute fausse modestie que l’auteur de ces lignes (et de bien d’autres) a été récompensé « pour l’ensemble de son œuvre », fichtre, par l’Académie des Belles Lettres et des Arts du Périgord… C’est ainsi que fin novembre il a reçu le prix Occitan des mains de la Présidente Annie Delperrier. Cette académie, généralement peu portée sur la langue occitane a sans aucun doute été influencée par notre ami Jean Claude Dugros, ancien et fervent occitaniste qui s’est d’ailleurs fendu d’un discours du genre à fair gonfler les chevilles. Mais ma plus grande joie a été de découvrir dans l’assistance Bernard Lesfargues venu m’accompagner de sa présence amicale de si haute qualité…

Gure lagun eskualdunak…

4 octobre 2014 | Les chroniques | Commentaires fermés

Ouverture officielle de Paratge, discours de Panchoa (de G. à D. Olivier Chabreyroux, maire de Bourdeille, Serge Eymard, vice président du Conseil Général, en charge de la Culture, Panchoa Etchegoïn, directeur de l'Institut Culturel basque, J.G., jean Paul Couvy, Président de la Communauté de Communes Dronne et Belle)

Ouverture officielle de Paratge, discours de Panchoa (de G. à D. Olivier Chabreyroux, maire de Bourdeille, Serge Eymard, vice président du Conseil Général, en charge de la Culture, Panchoa Etchegoïn, directeur de l'Institut Culturel basque, J.G., jean Paul Couvy, Président de la Communauté de Communes Dronne et Belle)

Gure lagun eskualdunak ongi etorri ! Ainsi commençait le discours qui ouvrait Paratge 2014, ce qui veut dire pour les non basquophones, benvenguda a nòstres amics basques, ou encore pour les définitivement et uniquement francophones, bienvenue à nos amis basques ! Et cela continuait ainsi : Topaketa oni esker lagun hobeak izan gaitezen ! Ce qui signifie bien sûr Mercès a quelas rencontras, nòstra amistat se fara mai fòrta, ou encore Grâce à ces rencontres, notre amitié se renforcera encore. Vouloir rendre compte de ces quatre jours est une gageure, tant chanteurs, conteurs, et surtout danseurs occitans et basques ont mis le feu à Bourdeille au mois de mai dernier.

Panchoa Etchegoïn, directeur de l'Institut Culturel Basque

Panchoa Etchegoïn, directeur de l'Institut Culturel Basque

L’idée de ces rencontres était née il y a plus d’un an lorsque Panchoa Etchegoïn, directeur de l’Institut Culturel Basque était venu à Bourdeille étudier la faisabilité dans les salles du château d’une exposition permanente sur la culture occitane, semblable à celle réalisée au Pays Basque. Séduit par les lieux et la dynamique de l’Agence Culturelle et de son Pôle Occitan, Panchoa a senti la nécessité de rencontres entre nos deux cultures et le thème de la danse et de la chorégraphie a tout de suite été évoqué. Et il y en a eu pour tous les goûts, classique, traditionnel, contemporain se sont entremêlés pendant quatre jours. Et il y en eut pour tous les ages, restitution du travail accompli par les écoles du secteur sur le thème de la danse traditionnelle, travail avec la compagnie Elirale, restitution du projet Dança par les élèves du collège Alienor d’ Aquitaine, présence du Manège de Monsieur Gaillard, espace de jeux traditionnels… Pour les plus grands, dès le vendredi soir, le ton était donné : Apéro Trad, C’D’ la Bal, Compagnie Samuel Mathieu et son travail sur le rondeau. Quelques moments un peu sévères : le duo de vielles Verdouble, lancinant et envoutant, le spectacle Hiru Zitroin Lur Hotzean (Trois Citrons Sur Le Sol Froid), chorégraphie de Michel Théret, épurée et portée par les chants d’amour enregistrés par Benat Achiary, Identitats, spectacle déroutant à quatre mains, ou peut être plus, des gascons Joan Francès Tisner e Romain Baudoin, où l’on voit et entend que l’identité n’est pas ce qu’elle croit… Et puis retour au « classique » tout au moins au mieux connu, avec l’inénarable Talabast, le bal sauvage auvergnat-limousin revisité en electro-acoustique de Toad, et “la musique radicale” de Gascogne d’ Artús… Tout de même, quelques moments de détente sonore avec la conférence de Roger Goyheneche “ la danse basque d’aujourd’hui sera-t-elle le patrimoine de demain” posant le problème de la fragilité de cet art, avec un moment d’émotion à la projection du film “Oroitzen Naiz”,(Je Me Souviens),où trois vieux danseurs basques parlent de leur vie de travail sur la chorégraphie. On a même pu franchement rire avec Daniel Lhomond aux aventures de Pantouquet cherchant Pampaligosse, ville mythique s’il en fut, et avec Monique Burg dans sa“visite“ de Bourdeille, pleine de chants, de contes et de joies.

Eric, surtout, ne le perdez pas de vue...

Eric, surtout, ne le perdez pas de vue...

Los Zinzonaires qu’on ne présente plus ont animé le dimanche après-midi, avant la projection du film de Sylvain Roux Camin de Lenga et le spectacle de clôture Ravel Jauna, par la compagnie Etorkïzuna Konceptuak, hommage au grand compositeur né à Ciboure, superbe mélange de danse traditionnelle et contemporaine, plein de grâce et d’humour. Il y avait de quoi se perdre dans ce labyrinthe de musique et de danse. Heureusement, un fil d’ Ariane était soigneusement tissé par l’omniprésent Eric Lavignasse !

J’allais oublier quelque chose qui me tient particulièrement à cœur, le concours d’écriture en òc, dont les prix furent remis à l’occasion de Paratge. Vous ne perdez rien pour attendre, j’y reviendrai plus en détail !

Romain Baudoin, ses drôles d'instruments...

Romain Baudoin, ses drôles d'instruments...

... et son complice J.F. Tisner

... et son complice J.F. Tisner

La jeunesse était bien présente à Paratge !

La jeunesse était bien présente à Paratge !

Monique Burg pendant une drôle de promenade...

Monique Burg pendant une drôle de promenade...

on ne rit pas toujours chez les basques...

on ne rit pas toujours chez les basques...

... pendant que ces dames s'amusent !

... pendant que ces dames s'amusent !

La Fayette, te revoila !

23 juin 2014 | Les chroniques | Commentaires fermés

 

L'Hermione dans son élément

L'Hermione dans son élément

 Il y a peu, on s’extasiait ici même sur la démarche des Vénitiens pour reconstruire le Bucintoro, la galère des doges de Venise brûlée par Bonaparte. Mais que dire de la bande d’illuminés, qui, à Rochefort, à moins de deux cent kilomètres de chez nous, a depuis quinze ans œuvré à la construction de la frégate Hermione qui emmena en 1780 La Fayette soutenir les « insurgents » américains contre les anglais que la France ne portait pas dans son cœur. Cette réplique exacte dans ses moindres détails est maintenant presque terminée et va prendre la mer en septembre pour rallier Bordeaux avant d’entreprendre la traversée historique de son modèle du XVIII° siècle. Impressionante avec ses 2000m2 de voilure, ses quinze kilomètres de cordage et ses cent hommes et femmes d’équipage, l’Hermione vaut le voyage, et c’est quand même plus près que Venise…

Le mat

Le mat


La poupe

La poupe

Òc Télé

26 mai 2014 | Les chroniques | Commentaires fermés

 

La toute jeune télévision numérique occitane, inaugurée en décembre 2013, a fait un saut en Périgord. Au programme un Cara a Cara, lisetz Face à Face, avec le conseiller général en charge de la Délégation à la langue et la culture occitane, devinez qui c’est, et un émission ayant pour thème la Santé en milieu rural avec l’intervention d’un (ancien) médecin de campagne, devinez qui c’est, et d’une infirmière rurale, Françoise Vergnaud, le tout agrémenté de musique et de gags dus à l’incontournable Laurent Labadie… Si le cœur vous en dit, tous sur Òc Télé, ça vaut le détour !

Cara e cara

Cara e cara

D’òc Show : la santé en milieu rural

La santé en milieu rural


Europe, quand tu nous tiens…

1 mars 2014 | Les chroniques | 1 commentaire

Marie Moulène, directrice du pays Périgord Vert, J.G. Catherine Veyssy, vice présidente de la région Aquitaine en charge de la formation, Marie Grzechynka,directrice de l'Institut Supérieur de formation aux métiers du tourisme, et les indispensables interprètes...

Marie Moulène, directrice du pays Périgord Vert, J.G. Catherine Veyssy, vice présidente de la région Aquitaine en charge de la formation, Marie Grzechynka,directrice de l'Institut Supérieur de formation aux métiers du tourisme, et les indispensables interprètes...

M’avoir confié la gestion des fonds européens du Pays Périgord Vert relève de la plus grande imprudence. Il semble d’ailleurs que personne ne se soit bousculé pour prendre la présidence du LEADER Périgord Vert, et cette fonction m’est échue lors de la disparition de notre ami Michel Debet qui gérait, entre autres choses, ces fonds de main de maître. Rassurez vous tout de même, je n’ai ni détourné, ni gaspillé ce 1 M.500 000 euros, étant étroitement surveillé et utilement conseillé par une équipe dévouée et compétente. Trouver des porteurs de projet qui veuillent bien se lancer dans l’aventure périlleuse d’un dossier européen, les aider dans ces démarches, présenter leur dossier émergent devant une assemblée composée d’élus et de privés, le Groupe d’ Action Locale, puis le valider définitivement sous le regard plus que pointilleux des organismes instructeurs de l’ Etat qui surveille tout cela de très prés, voilà le travail que doit accomplir la petite équipe dédiée à cette tâche. Régis Hébert, Marie Cécile Mariaud travaillent sans relâche au bon déroulement des choses. Je ne sais plus quel homme politique disait “je suis leur chef, il faut les suivre”…

Les fonds LEADER sont dédiés depuis quatre ans à l’Accueil de Nouveaux Arrivants sur ce territoire vaste et vieillissant qu’est le Périgord Vert. Nouvelles personnes, nouvelles activités, coopération avec d’autres GAL Français ou étrangers, et veille toute particulière à la qualité de l’eau ont permis d’aider financièrement bien des projets : création d’un Réseau Local d’ Accueil à la porte duquel tout candidat à l’installation en Périgord Vert peut venir frapper et où Cécile Menu se mettra en quatre pour lui donner tous les renseignements souhaités, aide au monde agricole des Réseaux de Fermes Ouvertes , du Réseau d’ Accueil à la Ferme, aide à la formation d’entrepreneurs, aide au monde culturel depuis le festival des Guitares Vertes jusqu’au grand évènement occitan Paratge en passant par le Carnaval du Ruban Vert, au Pôle Expérimental des Métiers d’ Art de Nontron, participation au PER cuir, travail de coopération avec l’Italie sur la truffe, et bien d’autres encore. Plus récemment s’est ouverte une ligne permettant l’aide aux maisons médicales, aux crèches, aux maisons d’ assistantes maternelles.

Il ya parfois des temps forts où l’ Europe cesse d’être une abstraction ou une simple vache à lait… En témoignent les Universités Rurales Européennes dont la Dordogne a reçu en novembre dernier la 11° édition. Une partie des congressistes a parcouru le Périgord Vert, visitant la célèbre maison Repetto à Saint Médard d’Excideuil , et l’ Ecocentre du Périgord à Saint Pierre de Frugies. Là nous avons pu échanger nos expériences avec une délégation polonaise, qui nous a présenté par la voix de Maria Grzechynka, directrice de l’Ecole Supérieure d’ Ecologie et de Tourisme la création de cette structure de formation supérieure en milieu rural dans le sud de la Pologne. Et j’ai du, au nom du LEADER, m’exprimer sur le thème “Création et maintien des activités en milieu rural, éléments clés de la cohésion sociale.” Tout un programme ! Un peu moins formelle, la rencontre en décembre avec la délégation italienne du Pays Piceno a concrétisé plusieurs mois de travail interfrontalier à l’initiative du groupement des Trufficulteurs de Mareuil et de Brantôme, sur la valorisation commune de la truffe, de ses préparations, de sa commercialisation (voir sur ce site l’article d’avril 2012). La venue des Italiens à Brantôme a répondu au voyage des Périgourdins en Italie quelques jours plus tôt, et à côté des séances de travail, a donné lieu à de joyeuses festivités !

Oui l’Europe existe, je l’ai rencontrée !

Le président du Groupement d' Action Locale Périgord Vert et Domenico Gentili, son homologue du GAL italien du Piceno

Le président du Groupement d' Action Locale Périgord Vert et Domenico Gentili, son homologue du GAL italien du Piceno


Petit geste périgourdin par jeaneve24

Le quilhon, (prononcez quillou) vous connaissez ?

25 août 2013 | Les chroniques | Commentaires fermés

Le lancer du palet

Le lancer du palet

Ce jeu ancien, connu également sous le nom de Brocon (prononcez Broucou) était très apprécié de nos anciens qui le pratiquaient sur les places de village à l’ombre des platanes, tilleuls et marronniers avec autant de passion que la pétanque. Récemment, une équipe de farfelus s’est mis en tête de remettre ce jeu au goût du jour. Le matériel est très simple : un robinet de barrique coupé pour pouvoir tenir debout, ou tout autre morceau de bois de dix à quinze centimètres de haut et de deux centimètres de diamètre, trois palets de plomb fondu dans une boîte à cirage où, plus traditionnel encore, dans le fond d’un “chalelh”, ces lampes à huile qui ne servent plus que de décoration. Le jeu se joue individuellement ou par équipes.

Le quilhon est dressé à six à huit mètres des joueurs et à son sommet sont disposées les mises de chaque joueur ou de chaque équipe, piécettes le plus souvent sans valeur et très symboliques, mais indispensables au jeu. La partie peut commencer. Un premier joueur lance un palet. Deux cas peuvent se présenter :

1) il renverse le quilhon avec son premier ou son second palet et les pièces tombent tout près d’un de ses palets : il a gagné et ramasse les pièces. Si les pièces tombent plus près du quilhon que de ses palets, on dit qu’il y a “releva”. On remet les pièces sur le quilhon, chacun remise, une nouvelle partie commence.

2) aucun de ses palets ne renverse le quilhon. Le joueur laisse au sol un de ses palets, généralement le plus près du quilhon. L’adversaire lance à son tour ses palets. Si le quilhon est renversé, les pièces peuvent comme précédemment tomber près du quilhon, il ya relève, près d’une des pièces du joueur qui vient de lancer, il a gagné, ou près du palet laissé en place par le premier joueur et c’est lui qui ramasse la mise. Les pièces tombées peuvent bien sûr se partager entre deux ou trois possibilités, et ce cas de figure fréquent donne lieu à d’âpres discussions et à des mesures au millimètre près…

Si ces explications sont un peu confuses, le mieux est que vous veniez voir par vous-mêmes, les vendredi de juillet et d’août vers dix huit heures trente, place de l’ancienne halle à Bourdeille. Vous y verrez des joueurs chevronnés placer leur premier palet tout près du quilhon, prêt à recevoir les pièces qui tomberont dessus quand leur second palet enverra ballader le quilhon, d’autres faire relève avec leur premier palet, doublant ainsi la mise avant de tout rafler d’un second palet cette fois bien ajusté … Et ces champions toutefois bien modestes vous initierons avec plaisir à ce jeu venu du fond des temps.

 
le matériel

le matériel

 
gagné

gagné

 
relève

relève

 
partage

partage

A propos

Jean Ganiayre, Conseiller Général du Canton de Brantôme,

Président de la 3°Commission (Sociale),

Président du Bureau de la Commission Locale d’ Insertion du Nontronnais.

Membre de la Commission des Droits à l’Autonomie des Personnes Handicapées,

Membre du Conseil d’ Administration de l’Agence Culturelle Départementale,

Membre du C.A. du Conservatoire à Rayonnement Départemental (Ancienne Ecole de Musique),

Membre du C.A. de Ciné-Passion.

Et ce n’est pas tout !

Président du G.A.L. Leader du Périgord Vert (fonds européens),

Vice-Président du Pays Périgord Vert.

Et…

Délégué à la Langue et Culture occitanes,

Délégué aux affaires médicales,

Membre de la Commission Préfectorale Nature, sites et Paysages.

Je crois que c’est tout. (et puis bien sur, membre des Conseils d’ Administration des trois établissements médico-sociaux du canton : Maisons de retraite de Brantôme et Bourdeille, Foyer d’Accueil La Prada à Bourdeille).

 

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