SCENAS D’AQUÍ

GEÖRGETTE POWER
L’occitan à l’échelle de l’univers

Jeune plasticien bordelais, Geörgette Power réalisa, dans le cadre du dispositif Scenas d’Aquí, Déflagration, une vidéo d’une dizaine de minutes inspirée de la chasse-volante. Il entra dans ce projet sans connaître la culture occitane mais avec l’intention de faire un film qui pourrait « faire valser les frontières ».

Agence Culturelle : Comment avez-vous appris l’existence du dispositif ?

Geörgette Power : Le FRAC Aquitaine m’avait relayé l’appel à projet Vidé’Oc. J’ai alors candidaté sans trop savoir finalement ce qu’était ce dispositif, ni même l’Agence et avec en tête une vague idée de ce qu’était l’occitan…. Mais….La certitude qu’il me permettrait d’articuler ensemble et avec force des éléments déjà présents dans mon travail, tout en laissant à coup sûr une large part à l’étonnement, puisqu’il s’agissait de découvrir toute une culture pour moi jusque-là engloutie, fut l’objet de mon attraction.

A. C. : Jusqu’à quel point, en tant que non occitanophone, vous êtes-vous sentis immergé dans cette culture, ou dans l’obligation de vous immerger ?

G. P. : Je me résumais jusque là l’engloutissement de cette langue inconnue par une naïve formule « les vieux sont mortels, la langue se meurt ». Ces vieux ayant été jeunes, et devenus, presque, du jour au lendemain, des expatriés d’un genre particulier (des expatriés restant sur place), cette réalité m’a impressionné et devint en filigrane ma préoccupation centrale. Une attraction ethnographique — j’aime bien cette formule ambigüe — : mon rapport à l’occitan ne pouvait relever que de ça. Faire remonter ces découvertes à la surface du monde actuel, qui était jusque-là mon unique terrain de jeu, d’observation et demeure mon unique terrain d’action.

A. C. : En quoi l’équipe de l’Agence vous a-t-elle permis d’entrer plus facilement dans le matériau de la collecte ?

G. P. : La volubilité de la collecte, additionnée à celle de l’équipe fut un précieux outil. C’est un dialogue permanent qu’ils établissent avec les témoins mais aussi avec les témoignages enregistrés. Ces gens (l’équipe du pôle occitan de l’Agence culturelle) parlent sans répit avec les écrans et les cassettes ! Ce dialogue fut une porte d’entrée royale : une immense cartographie se dessinant pour relier sous mes oreilles ébahies le passé au présent, l’historique à l’anecdotique, l’affectif au mesurable…

A. C. : Quels furent vos rapports avec l’équipe de l’Agence ?

C’est un rapport de traductions (dans un sens très large) qui s’est établi avec toute l’équipe. Je me suis vite senti également traducteur, donc en un sens faisant partie intégrante de cette équipe. Chacun possédant son bagage.

A. C. : Dans ce processus de recherche artistique, où situez-vous le lien entre passé et présent ?

G. P. : Mettre en tension passé et présent pour orienter les trajectoires, dessiner des futurs possibles, des hypothèses : la recherche (artistique, scientifique, etc.) relève de ces mêmes procédés de mise en tension.

A. C. : Comment estimez-vous contribuer à une œuvre de mémoire ?

G. P. : C’est le combat quotidien d’un plasticien, qu’il s’accapare ou non la matière d’un patrimoine. Dans le cadre de ce dispositif, c’est en faisant sortir ce patrimoine de ses registres habituels, en faisant trembler ce qui semble y être figé que la mémoire peut prendre forme.

A. C. : Imaginez-vous poursuivre une recherche artistique autour de ce matériau ?

G. P. : C’est le cas. Mon travail actuel continue à être alimenté par cette récente immersion, à en arpenter des pistes, des croisements de chemins, que j’ai l’impression de ne pas avoir encore exploré, mais ma relation à l’occitan reste de l’ordre de l’effleurement. C’est un outil de plus parmi ma panoplie d’outils. Et je ne veux mettre aucun outil sur un piédestal.

A. C. : Comment envisageriez-vous l’évolution de ce dispositif de manière idéale pour les artistes ?

G. P. : Je pense que l’organisation de rencontres directes avec des locuteurs pourrait être un plus majeur. La collecte enregistrée, doublée du dialogue avec l’équipe, est un puissant déclencheur, mais ce patrimoine reste de cette manière encore trop à distance, une image archivée du réel, un écho, qui ne peut pas être du réel. C’est la seule frustration à laquelle j’ai été confronté sans pouvoir me la formuler pendant les premières semaines d’immersion.

A. C. : Y a-t-il un propos, une rencontre, une anecdote qui vous a particulièrement marqué pendant cette recherche ?

G. P. : C’est justement en rencontrant Lucienne Phélip que toutes les anecdotes emmagasinées jusque là, toutes les sensations, notamment l’idée d’expatriés restant sur place (« les indiens de chez nous »), tous ces récits du passé visionnés, toutes les traductions, ont pris d’un coup de l’ampleur, comme catalysés. Lucienne a inscrit mon projet, en un coup de foudre, dans une réalité contemporaine.

A propos

Jean Ganiayre, Conseiller Général du Canton de Brantôme,

Président de la 3°Commission (Sociale),

Président du Bureau de la Commission Locale d’ Insertion du Nontronnais.

Membre de la Commission des Droits à l’Autonomie des Personnes Handicapées,

Membre du Conseil d’ Administration de l’Agence Culturelle Départementale,

Membre du C.A. du Conservatoire à Rayonnement Départemental (Ancienne Ecole de Musique),

Membre du C.A. de Ciné-Passion.

Et ce n’est pas tout !

Président du G.A.L. Leader du Périgord Vert (fonds européens),

Vice-Président du Pays Périgord Vert.

Et…

Délégué à la Langue et Culture occitanes,

Délégué aux affaires médicales,

Membre de la Commission Préfectorale Nature, sites et Paysages.

Je crois que c’est tout. (et puis bien sur, membre des Conseils d’ Administration des trois établissements médico-sociaux du canton : Maisons de retraite de Brantôme et Bourdeille, Foyer d’Accueil La Prada à Bourdeille).

 

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